DOSSIER

Écriture et Mise en scène
Samuel Bousard
Jeu
Pauline Ho Van, Olivier Fradin

Création
Compagnie des Silences et des Mots

Production
Compagnie Relativement

Remerciements
TNP Villeurbanne


« Fille de Terra et sœur de Saturne, la Déesse Fama possède deux trompettes. Une courte consacrée aux ragots et une longue pour la renommée… Fama, la Déesse de la Renommée, rend immortels les héros en ne laissant jamais mourir leur mémoire.  »
Fama. (19 juillet 2025 ) – Wikipedia


À PROPOS


Il est en garde à vue. Selon le nouveau code de procédure pénale, la garde à vue consiste à extraire le prévenu de son environnement et de le couper de toute interaction numérique avec le reste du monde pendant soixante-douze heures, les trois jours précédents le procès. La justice est rapide. Il est détenu dans un commissariat, mais il ne sera pas interrogé par la police, c’est assez rare, souvent inutile. Il est accusé du meurtre de sa femme. On n’a pas trouvé le corps. La police n’a pas vraiment cherché, pas besoin, l’ensemble des données collectées et les conclusions du procès verbal préliminaire de Fama rédigé par l’IA judiciaire sont amplement suffisantes pour le faire condamner…

Ils sont deux.

Elle, elle n’a pas de nom. Plus exactement, elle n’en a plus depuis qu’elle l’a volontairement effacé pour ne conserver qu’un avatar, une identité numérique qui lui permet d’être reconnue par l’administration, sur les réseaux et d’intervenir dans le monde ordinaire, le monde connecté. Julia Rust, une blague de geek, un clin d’œil à ceux qui se souviennent encore des langages utilisés pour coder les premières IA, avant qu’elles ne génèrent elles-mêmes d’autres codes, plus rapides, plus efficaces, inaccessibles à la compréhension humaine. Au début du siècle on aurait certainement parlé d’un acte de résistance, mais aujourd’hui il s’agit de sécession. Elle, elle est entrée en clandestinité, combattante de l’intérieur. Aujourd’hui, son identité est fluide, elle s’adapte aux besoins du moment. Elle est multiple.

Lui, il vit sa vie simplement, avec sa compagne, dans une ancienne ferme entourée de forêt, déconnecté. Il a glissé dans un mode de vie alternatif, par poésie, par rêverie, parce qu’il aime regarder les arbres et lire les vieux livres imprimés, parce qu’il a rencontré Ilia. Ils ne sont ni combattants ni en sécession, ils sont juste ailleurs.

EXTRAIT

« 
Elle. Tu veux du café ?
Lui. On se connaît ?
Lui. Pourquoi vous me tutoyez ?
Elle. Dis, tu veux du café oui ou non ? J’ai dormi deux heures, faut que je reprenne un café. On parlera après.
Lui. Je veux bien un café. Il y a une machine à café ici ?
Elle. Ben ouais évidemment…
Lui. Merci
Elle.… il y a même un distributeur de bonbons et de cacahuètes dans chaque cellule. Tu crois quoi ?
Lui. Je sais pas moi ! Vous arrivez, vous me proposez un café… Vous avez raison, je suis complètement con !
Elle. Il n’y a rien dans une cellule de garde à vue, juste un lit, un chiotte et un lavabo. J’ai une cafetière dans la pièce d’à côté, mais t’inquiète, c’est pas un cadeau, c’est moi qui l’ai ramenée.
Lui. Attendez, je comprends rien. Je suis en garde à vue ?
Elle. Ah ouais, on est loin là ! T’as pas compris quand ils t’ont ramené ici ? Ils t’ont dit que tu étais en garde à vue, j’ai vérifié.
Lui. Oui, peut-être… Je sais plus, il était cinq heures du matin, ils m’ont surtout gueulé dessus.
Elle. Et le chef d’inculpation ? Tu sais pour quel motif tu as été embarqué ?
Lui. Oui.
Elle. Et ?
Lui. Et quoi ?
Elle. Je voudrais que tu me le dises pour être certaine que tu as bien compris.
Lui. Merde ! Vous êtes flic ou quoi ?
Elle. Avocate.
Lui. Vous êtes avocate ?
Elle. Ben ouais. Tu t’attendais à quoi ? Jupe droite et talons ?
Lui. Commise d’office ?
Elle. Tu lis beaucoup toi, non ?
Lui. Je vois pas le rapport.
Elle. Parce qu’il n’y a plus que dans les romans qu’on parle d’avocat commis d’office. Ça n’existe plus depuis longtemps. Ça a été aboli avec le nouveau code de procédure pénale. Ils ont considéré que l’avocat ne servait plus à rien, ou en tout cas, pas à grand-chose, donc plus besoin d’imposer ou de proposer la présence d’un avocat. Le prévenu peut toutefois faire appel à un avocat… s’il en connaît un. 
« 
Mal Famé – extrait

ORIGINE DE L’ÉCRITURE

Une fable contemporaine, dystopique.

Le flux des informations nous emporte. Tous les jours, les nouvelles s’enchaînent, souvent se répètent, s’entremêlent. Accroissement des attaques de loups, disparition inquiétante d’une femme dans un quartier pavillonnaire, nouvel épisode de chaleur, un enseignant mis en examen pour recel d’image pédopornographique, crise des migrants, nouvelles applications dans le domaine de l’intelligence artificielle, réforme des retraites, contrat record de vente d’avion de combat, piratage informatique dans un ministère, incendies de forêt, mort d’un adolescent en trottinette fauché par un automobiliste en état d’ivresse, inondations, guerre au moyen orient… Des sujets en vrac. Les commentaires suivent les annonces dans les média. Analyses de journalistes, réactions de responsables politiques sont instantanément relayés, critiqués, interprétés sur les réseaux. Les avis sont nombreux. Dans ce capharnaüm événements, d’informations, de témoignages, de bavardages, de certitudes et d’opinions, il ne reste que peu de place pour le temps et le doute. Alors, un jour, saturé d’informations, de cet incroyable fatras, de faits et d’idées, on éteint la radio…
Et dans le silence, les événements s’agencent différemment, des liens se créent, des hypothèses apparaissent…

Et si, par souci d’efficacité, de rapidité, et pour pallier le manque de moyens humains, nos sociétés faisaient appel à l’intelligence artificielle pour assister, parfois remplacer, les policiers chargés d’enquête, les juges d’instructions ? Et si un gouvernement décidait de prendre en compte dans le traitement des affaires judiciaires, l’opinion publique exprimée sur les réseaux sociaux et dans les médias ? Et si l’on remplaçait la preuve par « ce qui semble évident », par le bon sens ? Et si l’intime conviction de la culpabilité d’un prévenu était d’abord une question d’opinion ? Et s’il était possible de condamner un homme pour meurtre sans avoir retrouvé le corps de la victime, ni d’autres preuves que la trace d’un peu de sang nettoyé à la hâte ?
Naît un début d’histoire, une fable. Elle sera contemporaine, forcément, et dystopique ; vraisemblable bien qu’elle soit née d’hypothèses et de « et si ».

Mais ce n’est que le début, une histoire ne se dévoile pas facilement, il faut l’écrire pour découvrir la suite. Il faut laisser parler les personnages, leur permettre de se révéler, pour les connaître, les reconnaître. Il faut les laisser nous surprendre… et leur accorder le mot de la fin.
Samuel Bousard, auteur


« 
Lui (un matin) :
Je suis dans la clairière à côté du vieux châtaignier. J’ai un peu d’avance et les collègues vont avoir du retard. Alors je t’attends. Je sais que tu ne viendras pas, mais je préfère t’attendre toi. Je me rendrai bien compte que je me suis trompé quand ils arriveront.


Lui (un mardi, en fin de journée) :
La forêt annonce la pluie. Elle s’assombrit, chuchote et laisse passer le vent… Je vais rentrer.

Ilia :
Si tu passes faire quelques courses sur le chemin du retour, pourrais-tu prendre un peu d’espoir ? J’ai regardé dans les tiroirs. J’ai ouvert tous les livres. J’ai cherché partout dans la maison, je n’en ai plus.

Lui :
Je suis passé en ville. J’ai pris du pain. Je n’ai pas trouvé d’espoir, juste du bonheur à partager. Je rentre.

»
Mal Famé – extrait du procès verbal préliminaire de fama, transcription de messages SMS


NOTE DE MISE EN SCÈNE

« Lui. C’est vrai qu’on ne se laisse pas de mots sur la table, de listes, d’info de dernière minute… On préfère parler, se dire les choses. Nous avons choisi l’écoute, être avec, de visage à visage. »
Mal Famé – extrait


Mal Famé est une fable qui parle de nous, de nos peurs, de nos attentes, de ce qui nous relie, de nos exigences, de nos travers, de notre manière de faire société, de nos évidences, de nos dérives collectives. Une fable, presque naïve dans ce qu’elle simplifie forcément les enjeux, en omettant un peu de la complexité de l’ensemble. Une fable, poétique et fragile témoignage de notre monde en devenir. Elle n’est que théâtre.

Mais, c’est peut-être justement dans sa théâtralité que se joue l’essentiel du texte. La fable n’est pas conte d’enfant et nous ne pouvons limiter notre prétention à seulement mettre tout en œuvre pour que l’histoire soit vraisemblable, douce et terrible à la fois. Parce que le texte, dans sa forme, nous contraint à prendre en compte la présence du public. L’histoire se déroule à huis clos. Les personnages sont seuls, enfermés, sans interaction possible avec l’extérieur, il s’agit là d’un élément essentiel de la narration. Pourtant, certains monologues sont adressés directement au public. Le personnage prend conscience d’être regardé, voit les gens dans la salle, les regarde. L’espace d’un instant, la narration est suspendue, il ne reste que la fiction du personnage. Le public le regarde et l’écoute, de cette attention naît la nécessité de dire… Et le personnage se raconte. Il y a rencontre, réelle, éphémère.

Dans la société décrite dans Mal Famé, le réel passe par le filtre du numérique, nous échangeons en ligne, via les réseaux, le temps n’est plus passé, présent ou futur, mais « réel », immédiat, impatient, notre identité est numérique, nos rencontres sont virtuelles… Mais pour raconter ce monde, presque virtuel, le texte nous impose de vrais regards échangés, l’écoute de l’autre, l’être avec… la représentation.
Alors c’est peut-être ça le fond de l’histoire, une rencontre. Deux personnages de fiction qui apprennent à se connaître, à s’apprivoiser, et qui rencontrent le public, pour, ensemble, raconter un monde en devenir.
Samuel Bousard, metteur en scène

ÉQUIPE DE CRÉATION

Samuel Bousard est metteur en scène, directeur d’acteur et professeur de théâtre. Il a dirigé le théâtre de la Platte à Lyon jusqu’en 2001. En étroite collaboration avec Claude Monteil, auteur dramatique, il contribue aux créations de la compagnie Instant T, puis de la compagnie le Bruit des Mots en tant que metteur en scène et directeur d’acteur. En 2015, il rejoint l’équipe de production de William Arribart Entertainment et conduit, en tant qu’auteur et metteur en scène, la création de comédies musicales dans lesquelles il mêle réel et mondes imaginaires et se plaît à raconter des histoires.
Entre réalité de la représentation théâtrale et fiction du jeu, il compose autour de la notion de suspension de l’incrédulité du spectateur. Après avoir exploré une forme de théâtre du quotidien, il poursuit son questionnement sur la mise en lien du personnage avec le public dans le monologue et interroge la place du public dans l’acte de représentation.
samuelbousard.fr

Pauline Ho Van est comédienne, chanteuse, auteure-compositrice. Elle crée le groupe Exkiss en 2016, la compagnie de théâtre Relativement en 2017 et co-dirige le théâtre Instant T à Lyon depuis 2021. Elle rejoint l’équipe de production de William Arribart Entertainment en 2017 en tant que comédienne-chanteuse puis parolière-mélodiste et directrice de chant dans le cadre de créations de comédies musicales.
paulinehovan.fr

Olivier Fradin est comédien. Il intègre le Cours Myriade à Lyon, puis entre Conservatoire de Lyon en 2017. Il obtient son Diplôme d’Études Théâtrales en 2021 avec J’aimerais bien ne pas mourir, une création collective qui interroge le théâtre lui-même et les liens qui se tissent au sein d’un groupe. À partir de 2022, il multiplie les collaborations avec différentes compagnies. Il rejoint la Compagnie Microbiote (Antigone de Sophocle), puis la Compagnie L’Excessive (Pig Boy 1986-2358) et joue dans le long métrage On sera seul sur les cendres, réalisé par Florian Bardet et Marion Pellissier, (sorti en 2025). En 2023 et 2024, il poursuit son parcours en jouant dans œuvres classiques, contemporaines et des créations collectives (Compagnie Microbiote – Le Misanthrope de Molière et Le Cercle de Craie de Klabund. Compagnie L’Excessive – Dans la dignité. La compagnie À Bec Ouvert – Quichotte de Jean-Luc Lagarce.). En 2025, il intègre Marthine Structure pour une création autour de l’Antarctique et de la vie en communauté.
Dans le choix de ses projets, La rencontre occupe une place centrale dans le choix de ses projets. Olivier Fradin cherche avant tout à travailler avec des personnes dont il partage la sensibilité et l’envie de créer. Il privilégie les équipes avec lesquelles il peut construire un espace de travail libre, exigeant et bienveillant. Pour lui, le projet artistique naît à la fois de l’œuvre et des personnes qui la portent.

CONDITIONS DE TOURNÉE

ÉQUIPE DE TOURNÉE – 3 personnes
FRAIS KILOMÉTRIQUES (DÉPART DE LYON 69) – 0,50 € / km
REPAS ET HÉBERGEMENT (DEUX PERSONNES) – à la charge de l’organisateur

PRIX DE CESSION PAR REPRÉSENTATION – 1 380 € (prix net, non assujetti à TVA)
PAS DE FRAIS DE SACD OU SACEM

BESOINS TECHNIQUES
LOGE – un espace loge avec miroir, point d’eau et accès à des toilettes
Le spectacle étant en cours de création, la fiche technique (lumière, son, plateau) sera disponible dans un deuxième temps.

CONTACT
GAËLLE GASSER
gaellegasser.prod@gmail.com
06 46 64 26 67

La compagnie Des Silences et des Mots est portée administrativement par l’association Compagnie Relativement – Vienne (38)

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